Les grandes Bourses européennes devraient ouvrir sur une note de prudence jeudi en attendant la rencontre entre le président américain, Donald Trump, et son homologue chinois, Xi Jinping, considérée comme cruciale pour l'évolution des relations entre les deux premières économies mondiales.
D'après les premières indications disponibles, le CAC 40 parisien pourrait perdre autour de 0,2% à l'ouverture, le DAX à Francfort céderait environ 0,4% et le FTSE à Londres reculerait de 0,3%.
Les incertitudes sur l'issue du sommet devraient limiter toute velléité de rebond, avec des investisseurs qui semblent pour l'instant ballottés au gré des déclarations et des rumeurs entourant les négociations en amont de la rencontre.
Les informations selon lesquelles les Etats-Unis et la Chine auraient convenu de prolonger de deux mois la trêve conclue il y a un an dans leur différend commercial pourraient susciter un peu d'optimisme auprès des intervenants, qui restent néanmoins prudents sur la suite des événements.
Entre l'IA, les restrictions imposées aux fabricants de semi-conducteurs américains, le contrôle de l'exportation des terres rares chinoises ou la question de Taïwan, les points d'achoppement restent nombreux.
Si la barre est relativement basse pour le sommet, certains traders espèrent qu'il débouchera sur des avancées géopolitiques sur le conflit au Moyen-Orient.
"Les perturbations des chaînes d'approvisionnement internationales font que le conflit affecte de plus en plus les intérêts économiques de la Chine", rappelle Andreas Lipkow, le responsable de l'analyse chez CMC Markets.
"Les investisseurs ont parié gros sur la diplomatie, souligne le stratégiste, il leur faut maintenant des résultats concrets."
Rendements obligataires et pétrole de retour vers des sommets
Mais deux autres facteurs risquent de peser lourd sur la tendance ce jeudi : le niveau toujours élevé des prix du pétrole et le regain de tension observé sur le compartiment obligataire.
Toujours secoué par la révision à la hausse des anticipations d'évolution des taux de la Réserve fédérale pour les mois qui viennent, le rendement à dix ans américain s'est hissé dans la nuit au-dessus de la barre de 5,10%, un plus haut de 20 ans.
Suite à la publication d'un solide indice PMI laissant entrevoir une croissance de 4% au 3ème trimestre, la probabilité attribuée à une nouvelle hausse des taux en octobre dépasse désormais 70%, selon l'outil FedWatch du CME. Le marché anticipe également quatre nouvelles hausses dans les prochains mois, contre trois avant la publication de l'indicateur.
Si les cours du brut reprennent un peu leur souffle, avec un Brent qui grappille actuellement autour de 0,2% à 103,3 dollars, ils se situent désormais à un point d'inflexion, les investisseurs semblant loin d'être convaincus d'une solution diplomatique dans le Golfe susceptible d'enrayer la flambée des prix.
D'après les professionnels, tant que la moyenne mobile à 20 jours des 100 dollars continue de jouer son rôle de pivot, la structure haussière reste intacte avec en ligne de mire la prochaine résistance de la barre des 110 dollars, voire son franchissement pour s'ouvrir la voie vers de nouveaux plus hauts.
La prudence des investisseurs est perceptible en Asie, où les places boursières évoluent en ordre dispersé. Si le Nikkei à Tokyo progressait de 1,2%, l'indice composite de la Bourse de Shanghai perdait, lui, plus de 1%.
Hier, Wall Street avait fini en net repli, pénalisée par la remontée du pétrole et des rendements obligataires, tandis que les semi-conducteurs rendaient une partie de leurs gains du début de semaine. A la clôture, le Dow Jones perdait 0,7%, tout comme le S&P 500, alors que le Nasdaq 100 lâchait plus de 0,8%.
Côté macroéconomie, les investisseurs seront attentifs aux chiffres de la confiance des consommateurs en France et du climat des affaires Ifo en Allemagne de nature à conforter, ou non, la résilience de l'activité en Europe et le virage de la BCE vers une politique monétaire moins accommodante.
Ils suivront aussi de près, cet après-midi aux Etats-Unis, la parution des demandes d'allocations au chômage puis des ventes de logements neufs.
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